viernes, 16 de noviembre de 2007

Poemas de Yves Bonnefoy




(Tours, Francia, 1923)


Traducción de César Vásconez Romero


Que saisir sinon qui s`échappe,
Que voir sinon qui s`obscurcit,
Que désirer sinon qui meurt,
Sinon qui parle et se déchire ?

Parole proche de moi
Que chercher sinon ton silence,
Quelle lueur sinon profonde
Ta conscience ensevelie,

Parole jetée matérielle
Sur l`origine et la nuit ?


¿Qué asir sino lo que se escapa?
¿Qué ver sino lo que se obscurece?
¿Qué desear sino lo que muere
Sino lo que habla y se desgarra?

Palabra próxima a mí
Qué buscar sino tu silencio,
Qué resplandor tan profundo
Tú amortajada conciencia,

Palabra, ¿dique material
Sobre el origen y la noche?


(De Du Mouvement et de L`Immobilité de Douve, 1953 )




L`Imperfection Est La Cime

Il y avait qu`il fallait détruire et détruire et détruire,
Il y avait que le salut n`est qu`à ce prix.

Ruiner la face nue qui monte dans le marbre,
Marteler toute forme toute beauté.
Aimer la perfection parce qu`elle est le seuil,
Mais la nier sitôt connue, l`oublier morte,

L`imperfection est la cime.



La Imperfección es la Cima

Habría que se debería destruir y destruir y destruir,
Habría salvación solamente a ese precio.

Arruinar la faz desnuda que entre el mármol asciende,
Toda forma martillar toda belleza.

Amar la perfección por que ella es el umbral,
Pero negarla apenas conocida, olvidarla muerta,

La imperfección es la cima.



A une terre d`aube

Aube, fille des larmes, rétablis
La chambre dans sa paix de chose grise
Et le cœur dans son ordre. Tant de nuit
Demandait à ce feu qu`il décline et s`achève,
Il nous faut bien veiller près du visage mort.
A peine a-t-il changé… Le navire des lampes
Entrera-t-il au port qu`il avait demandé,
Sur les tables d`ici la flamme faite cendre
Grandira-t-elle ailleurs dans une autre clarté ?
Aube, soulève, prends le visage sans ombre,
Colore peu à peu le temps recommencé.



Para la Tierra del Alba

Alba, hija de las lágrimas, reestablece
La habitación en su paz grisácea
Y en su orden al corazón. Tanta noche
Pedía al fuego que decline y se acabe,
Más nos vale velar cerca del rostro muerto.
A penas se ha movido… ¿El navío de las lámparas
Entrará al puerto que lo había llamado,
Aquí, sobre las tablas, la flama hecha ceniza
Crecerá más alta en otra claridad?
Alba, toma, levanta el rostro sin sombra,
Colorea poco a poco el tiempo recomenzado.



Le Livre, Pour Vieillir

Etoiles transhumantes ; et le berger
Voûté sur le bonheur terrestre ; et tant de paix
Comme ce cri d`insecte, irrégulier,
Qu`un dieu pauvre façonne. Le silence
Est monté de ton livre vers ton cœur.
Un vent bouge sans bruit dans les bruits du monde.
Le temps sourit au loin, de cesser d`être.
Simples dans le verger sont les fruits mûrs.

Tu vieilliras
Et, te décolorant dans la couleur des arbres,
Faisant ombre plus lente sur le mur,
Etant, et d`âme enfin, la terre menacée,
Tu reprendras le livre à la page laissée,
Tu diras, C`étaient donc les derniers mots obscurs.




El Libro, para Envejecer

Estrellas trashumantes, y el pastor
Encorvado sobre la felicidad terrestre, tanta paz,
Irregular, como ese grito de insecto,
Que un pobre díos trabaja. El silencio
Subió desde tu libro hacia tu corazón.
Sin ruido se mueve un viento entre los ruidos del mundo.
A lo lejos sonríe el tiempo, por cesar de ser.
Los frutos maduros son simples en el vergel.

Envejecerás
Y, descolorido entre el color de los árboles,
Haciendo la sombra más lenta sobre el muro,
Siendo, y del alma al fin, la tierra amenazada,
Retomarás el libro en la página marcada,
Dirás, Pues bien, eran las últimas palabras obscuras.


(De Pierre Écrite, 1965 )

1 comentario:

јуродиви dijo...

Salut, cher M. Duende,
j'espère que vous êtes francophone!

A propos de ces vers

Parole jetée matérielle
Sur l`origine et la nuit ?

Que penses-tu sur les relations dans cette phrase problématique? Estèce que la parole est jetée sur l'origine: ou bien c'est une parole qui traite l'origine et la nuit.

merci, à toute
jurodivi.blog.spot